Samedi 2 janvier 2010
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" Comme mes vues portent ici proprement sur la philosophie morale, je limite à ces termes stricts
la question posée : ne pense-t-on pas qu'il soit de la plus extrême nécessité d'élaborer une bonne fois une Philosophie morale pure qui serait complètement expurgée de tout ce qui ne peut
être qu'empirique et qui appartient à l'Anthropologie? Car qu'il doive y avoir une telle philosophie, cela résulte en toute évidence de l'idée commune du devoir et des lois morales. Tout le monde
doit convenir que pour avoir une valeur morale, c'est-à-dire pour fonder une obligation, il faut qu'une loi implique en elle une absolue nécessité, qu'il faut que ce commandement : “ Tu ne
dois pas mentir ", ne se trouve pas valable pour les hommes seulement en laissant à d'autres êtres raisonnables la faculté de n'en tenir aucun compte, et qu'il en est de même de toutes les autres
lois morales proprement dites ; que par conséquent le principe de l’obligation ne doit pas être ici cherché dans la nature de l'homme, ni dans les circonstances où il est placé en ce monde,
mais a priori dans les seuls concepts de la raison pure; et que toute autre prescription qui se fonde sur des principes de la simple expérience, fût-elle à certains égards une prescription
universelle, du moment que pour la moindre part, peut-être seulement par un mobile, elle s'appuie sur des raisons empiriques, si elle peut être appelée une règle pratique, ne peut jamais être
dite une loi morale ".
j'aime pas Kant.
encore moins faire des synthèses de Kant, encore moins à 1h00 du matin, encore moins 2 jours avant la rentrée.
j'aime pas la rentrée. Encore moins quand elle signifie.. partir de chez soi, laisser sa famille et ses amis pour les revoir dans un peu plus
d'un mois avec de la chance, déprimer. Pour étudier ce genre de choses, des choses qu'on aime pas, parce qu'on a beau grandir, on a toujours pas trouvé l'interêt de la chose. C'est bête, j'en
conçois, je devrai, moi aussi, trouver quelque chose de passionant dans mes études actuelles. Mais non. C'est bête et c'est dommage, aussi. Encore plus quand on ne sait pas pourquoi on fait
ça.
Oui, je voulais avoir de la culture - nan, maintenant j'en veux plus. C'est pas humain de faire une phrase longue de 8 lignes. Si on nous demande de faire une synthèse de ce texte, c'est à dire
de l'exprimer de manière qu'il devienne compréhensible pour la masse, alors il aurait pu le faire. Kant. A moins qu'il ne s'adresse qu'à quelques personnes en particuliers, comme des profs de
philosophie insensibles devant le désarroi d'élèves se sentant abandonnés. et seuls. Et à ce moment-là, je ne vois pas pourquoi on se mêlerait de tout ça, parce que de toute évidence, qui que
soit la personne visée, elle n'était pas moi.
Si je ne sais pas pourquoi,présentement, je travaille sur cette chose affreuse qu'est le Fondement de la Métaphysique des Moeurs, - ou
plutôt si je sais que je ne fais ça que par obligation, au moins faudrait-il que je connaisse le motif de celle-ci.
Mieux. qu'il y ai un motif.
Je sens autour de moi, plus que jamais, que je ne suis pas la seule à ne pas savoir pourquoi je fais ce que je fais et à le faire quand même. Au
lycée, on ne sait pas pourquoi on apprend bêtement par coeur l'analyse du prof sur le rôle décisifs qu'eurent les conteneurs dans le développement du commerce maritime ; mais ce qu'on sait, c'est
qu'il faut qu'on ai notre bac.
Passé le bac, on a interêt à avoir prévu la suite de l'histoire, et se donner un an de répit ne suffit pas. Parce que décembre arrive vite, parce
que les premières inscriptions pour la suite arrivent dès la fin du mois ou dès début janvier ; et parce que quelque mois d'un enseignement tout aussi général que l'était celui d'une terminale ES
n'offre pas spécialement de nouvelles horizons. Erreur, donc, de n'avoir que trop confiance en sa capacité de choix et de trouvailles révolutionnaires quant à notre avenir ; je me retrouve
désormais coincée entre Normale Sup' que je n'aurai pas, Sciences Po' qui ne me plaira pas, une école de commerce qui me dégoutera, une école de cinéma qui ne me servira pas et donc que je ne
paierai pas, et... du vide. Dans ce vide flottant les mêmes désirs inassouvis qu'a tout bon élève à la fin de sa terminale ; à savoir partir à l'étranger, rencontrer des gens, se démmerder et
s'en sortir, sans se faire chier, et sans aller contre ses propres principes à la con, profiter des choses en les découvrant pour de vrai... et autres mignonneries*.
Mais "la vie, ce n'est pas drôle", m'a dit un jour ma mère d'un air grave - j'en profite pour ajouter au cas où elle passerait par là qu'elle
aurait pu me laisser grandir un peu (au moins attendre mes 10 ans) pour me traumatiser par ces paroles.
Sinon, non, je ne suis pas victime d'une soudaine désillusion. Je me plains comme je sais si bien le faire depuis cette année. Il me semble avoir
atteint le sommet de la relativizattitude. Je n'ai plus qu'à me dégoter une paire d'ailes pour m'élever davantages (et sans fin?) dans le
royaume du faux.
C'est toujours mieux que la drogue ;) .